L'agonie du PQ
Une chronique de Jean-Benoît Nadeau
Pauvre Parti Québécois. Comme le dirait si bien Hélène Carrère d'Encausse, ça va mal à «shop»!
Voici qu'après huit mois d'atermoiements, Pauline Marois a enfin rugi pour faire taire la dissidence et écraser Gilles Duceppe pour la seconde fois en cinq ans.
Disons qu'elle a stoppé momentanément la chute, mais je me demande franchement si le PQ n'est pas en train de couler comme le Costa Concordia.
Otage
Le premier problème du PQ est l'électorat, qui montre depuis 2007 des signes évidents d'écoeurantite aiguë.
Bien sûr, il ne s'agit pas de l'ensemble de l'électorat, mais du «centre» -- c'est-à-dire des 15-20 % de l'électorat susceptible de changer d'idée et dont le vote est chaudement disputé par tous les partis politiques.
Après 45 ans de psychodrame sur fond d'indépendance nationale - dont un épisode de guérilla urbaine et deux référendums perdus -, «le centre» commence à se demander si on ne peut pas passer à autre chose pour dix ans.
Genre : un bon vieux clivage gauche-droite pour changer.
Clairement, la raison d'être du PQ - l'indépendance - n'occupe plus le centre du discours politique au Québec. Il lui reste ses partisans, qui se demandent ce qui se passe et s'entredéchirent pour savoir qui a raison.
Ça me fait penser au bateau de croisière italien : sont-ils en train de se positionner pour quitter le navire sans en avoir l'air? Ou chacun cherche-t-il à devenir capitaine à la place du capitaine? Lire la suite...