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10/01/2012

Un fou de moins à la rue

Une chronique de Jean-Benoît Nadeau

SansabriblogLa mort sordide de Farshad Mohammadi m'a rappelé cet épisode douloureux où mon beau-frère a failli finir sans-abri.

Farshad Mohammadi était un autre de ces fous mésadaptés que l'on appelle «sans-abri». Dans son délire, il est devenu dangereux, et il est tombé sous les balles des policiers dans le métro.
Sa mort a ramené la polémique sur la carence de soins psychiatriques cohérents, mais la meilleure organisation ne pourra rien pour des personnes atteintes d'un mal qui les prive justement de toute cohérence, et qui refusent tout soin psychiatrique.

Toutes les personnes atteintes de maladie mentale ne sont pas folles en permanence, mais certaines n'en reviennent jamais. Rares sont les fous assez dangereux pour attaquer des policiers avec un X-Acto, mais les fous sont tous dangereux pour eux-mêmes. Lire la suite...

27/12/2011

Noël vert

La chronique de jean-Benoît Nadeau

NoelVert-photoblogIl faut que je vous raconte mon étrange Noël 2006. L’étrange n’est pas qu’il fut vert. Mais ce fut le Noël où nous avons commencé notre aventure d’adoption, et je dois dire que sa verdeur nous a plutôt servi.

La semaine dernière, j’ai raconté comment notre temps des fêtes avait débuté avec l’arrivée des filles le 19 décembre. Il reste à vous dire le reste, c’est-à-dire la vie.

Être adopté

L’aspect le plus critique de l’adoption, c’est finalement de comprendre que ce n’est pas un sens unique : nous les adoptons, mais elles nous adoptent aussi.

Certains enfants, blessés par la vie, sont incapables d’adopter leurs parents. Tous les parents adoptants doivent être prêts à cette éventualité, dont nous avons été heureusement épargnés. 

A priori, les enfants adoptés ne font pas confiance aux adultes. Ils savent d’expérience que s’ils  sont dans le pétrin, c’est justement parce que les adultes ont failli gravement plusieurs fois.

Alors, leur attitude est de dire : «Je me suis fait avoir une fois, vous ne m’aurez pas.» Lire la suite...

06/12/2011

Les brutes et la honte

La chronique de Jean-Benoît Nadeau

BlogChaque fois que la brutalité scolaire provoque la mort d’un enfant – la semaine dernière, le suicide de Marjorie Raymond –, je suis étonné. Pas surpris : étonné. Étonné de vous entendre vous demander ce qui se passe.

Êtes-vous sérieux? Avez-vous si mauvaise mémoire?

Parfois, je me dis que vos bons sentiments vous aveuglent. Parfois, je me demande si l’inconscient vous empêche de contempler votre propre passé. Certains jours, je me demande si c’est de bonne foi…

Souvenir douloureux

D’une certaine façon, je vous comprends. Pour un adulte, la brutalité figure parmi ses souvenirs les plus douloureux.

Je ne parle pas de la douleur des coups reçus – mais de la douleur des coups donnés, voire des coups applaudis. Il y a aussi la douleur des haussements d’épaules.

Bref, ce qui vous fait mal, c’est la honte, alors vous refoulez, et vous vous défendez n’importe comment, en vous demandant c’est quoi le problème.

Pourtant, vous savez très bien ce que c’est : nous avons tous été des petites brutes, cruelles, menteuses, vaniteuses et sans pitié, comme seuls les enfants savent l’être. 

Quand il s’agit de brutaliser, le genre humain est très inventif : outre la violence physique, il y a les menaces, l’intimidation, le harcèlement, l’ostracisme, et d’autres variations sur le thème.

La brutalité est même rarement physique – du moins au début. Elle peut être verbale ou émotive. Prenez l’ostracisme, qui consiste à isoler quelqu’un parce qu’il est «fif», «nègre», ou «du Plateau Mont-Royal ». Parfois même pour rien : quand j’étais jeune, je me rappelle que notre classe ostracisait une fille parce qu’elle «avait la peste».

Ça se présentait comme un jeu – on fait juste jouer, madame! –, mais c’était terrible. Lire la suite...

16/10/2011

Cher Don...

Une chronique d'Émilie Dubreuil

5D4439F5B8E55F8657947FA42B6BC4Cher Don, puis-je te traiter de vieux clown? Avec toute mon affection, bien sûr…

Ça fait trois ans que je porte maintenant ma cicatrice en étoile (oui, oui, comme Harry Potter!) sur le front, stigmate d'une commotion cérébrale, souvenir d'un brassage sérieux de mon lobe frontal, de quelques mois passés dans les couloirs d'un institut de réadaptation aux couleurs fades, au personnel avenant dont je ne me souviens plus vraiment puisque j'étais dans les vapeurs sérieusement.

Don, Don, Don... J'ai repris mes esprits et je t'écoute parfois, mais j'entends parler de toi bien plus souvent et je t'envie. Ce que tu peux être brillant! En fait, tu es mon idole, vraiment... Tu coûtes trois quarts de millions à la CBC: 750 mille beaux dollars pour provoquer un peu la galerie. Wow. Ton agent doit être un génie. Tu tiens depuis des années des propos abominables sur les Québécois et les Européens. Mais tu dis sans doute tout haut ce qu'une bonne partie du Canada pense à la brasserie du coin. Ce ne doit pas être trop grave. Tu t'es construit un personnage d'homme grossier, un peu sénile avant d'être vieux. Un problème, sans doute, dans la vie. Mais, je n'y crois pas à ce personnage. Il faut être un homme d'affaires rusé pour vendre, mettre en marché et «scorer» avec une vingtaine de DVD intitulés Rock'em Sock'em montrant les pires bagarres du hockey de la Ligue nationale. Lire la suite...

20/09/2011

Le Québec est un grand lit

Une chronique d'Émilie Dubreuil

Nelly-seuil Le type qui a inspiré le deuxième roman de Nelly Arcan, Folle, est un ami à moi.

Nelly Arcan, de son vrai nom Isabelle Fortier, avait à peu près mon âge. C'était l'amie de mes amis. Nous fréquentions, à la même époque, les mêmes bars du Plateau Mont-Royal. Et pour moi, Nelly Arcan, ça se résumait à ça : une petite vedette médiatique, comme il y en a beaucoup dans notre petite République du Plateau, une fille de mon âge qui faisait la fête, semblait un peu excentrique et angoissée. Je savais, bien sûr, qu'elle avait écrit des livres, mais je ne les avais pas lus.

Je ne les avais pas lus, pourquoi ? Pourtant, je suis une boulimique de bouquins ... Je ne l'avais pas lue parce que c'était ma voisine, l'ex-blonde d'un de mes chums, la grande amie de ma copine machin chouette et la collègue de travail de mon ex-colocataire. The girl next door. Lire la suite

07/09/2011

Où étiez-vous le 11 septembre 2001?

MSN Actualités

World-trade-center-11-septembre-ap-Jim-Collins Les images d'avions s'écrasant contre les Twin Towers ont été projetées en boucle sur les écrans des télévisions du monde entier et restent gravées dans la mémoire collective.

Chacun a un souvenir précis de l'instant où il a appris la nouvelle et des heures qui ont suivi.

Où étiez-vous le 11 septembre? Quelle a été votre réaction?

Lire aussi:
La chronique de Jean-Benoît Nadeau: Mon 11 septembre à moi
Notre dossier sur le 11 septembre

25/08/2011

Loué soit le chalet

Un billet de Jean-Benoît Nadeau

Chalet-photo250 Je suis infiniment reconnaissant à mes parents de m’avoir élevé dans l’idée que le meilleur chalet qui soit est un chalet loué.

En m’inspirant de Moody’s et Standard & Poor’s, je donne au chalet la cote-soupir Aaaaaahh++

Un chalet est un excellent lieu pour les vacances : on peut regarder les enfants s’étouffer dans la fumée du feu, se brûler sur les charbons, se salir dans la boue des berges.

C’est tellement plaisant, de louer un chalet, que je ne comprends absolument pas ce qui emmène quiconque à être propriétaire d’un chalet.

Passons outre l’idée que le chalet est, en soi, le symbole de la consommation ostentatoire et abusive.

Quand je loue un chalet, j’y vais quand je veux et je me borne à le restituer en l’état. Mais le pauvre proprio, lui, doit y retourner continuellement pour l’entretenir ou s’en servir – sinon, pourquoi avoir un chalet?

Cela dit, je suis tout à fait conscient qu’il n’y a pas de chalet loué sans propriétaire. Je loue donc les services de ces preux altruistes, que je paie avec joie.

Voici ma ligne de vie : quand j’achète quelque chose, il faut que ça me serve; si je commence à servir cette chose, cela ne sert plus à rien. Les propriétaires sont en général les esclaves de leur chalet et les vrais maîtres sont ceux qui les louent.

12/07/2011

La santé est-elle si malade?

Une chronique de Jean-Benoît Nadeau

Medecin-stethoscope-istockblogue Il y a des fois où je me demande si nous ne sommes pas un peu fous de toujours nous plaindre des problèmes du système de santé. Ma dernière expérience m’a montré qu’il marche plutôt bien.

Lundi dernier, après quatre jours de fièvre sans autre symptôme qu’une toux sèche, je me résous à aller voir le docteur.

Notez ici : je ne vais pas à l’urgence, mais à ma clinique habituelle. Je ne vous dis pas le nom: vous allez tous me l’engorger.

J’arrive avant l’ouverture. Devant moi, il y a dix autres sans-rendez-vous. Ça va être long. Pas grave, je me suis amené deux livres.

De toute façon, le système est pourri, right? Lire la suite

28/02/2011

Cheveux gris et cuisses de béton

Traversée-2011-243billet Une chronique d'Émilie Dubreuil

Mardi dernier, 22 février: troisième journée de la Traversée de la Gaspésie en ski de fond.

Arrivée au point d'eau numéro deux, caché dans les sapins gavés de neige en sucre, il ne restait qu'une vingtaine de kilomètres à parcourir dans le parc de la Gaspésie pour atteindre Marsoui, la fin du parcours, là où nous attendait la soupe aux poids préparée par les dames patronnesses du village. Lire la chronique

22/02/2011

Qu'est-ce qu'un noir?

Billet Une chronique de Jean-Benoît Nadeau

Vous m’auriez demandé ça il y a 10-12 ans, je m’en serais foutu comme de l’an 40. Mais voilà : depuis que je suis père adoptif de deux jumelles d’origine haïtienne, je suis malgré moi dans le Mois de l’histoire des noirs. Lire la chronique

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Notre Équipe

Jean-Benoît NadeauJean-Benoît Nadeau

Jean-Benoît Nadeau a publié cinq livres, 700 articles, et remporté 50 prix de journalisme. Il figure parmi les rares journalistes canadiens à publier en français (L’actualité, Québec Science, MSN,ca ou GEO) et en anglais (New York Times, Toronto Star, Christian Science Monitor). Ses livres sont également parus en anglais, en néerlandais, en mandarin, en japonais et en thaï. En plus d’une cinquantaine de séminaires sur le journalisme et l’écriture, il a prononcé 75 conférences sur la langue française et les Français aux États-Unis, au Canada, en France, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Corée du Sud et au Japon. Basé à Montréal et père de deux jumelles adoptives, il a également vécu à Paris, Toronto et Phoenix.