Opinions, réactions et débats sur le blogue de MSN.ca

16/10/2011

Cher Don...

Une chronique d'Émilie Dubreuil

5D4439F5B8E55F8657947FA42B6BC4Cher Don, puis-je te traiter de vieux clown? Avec toute mon affection, bien sûr…

Ça fait trois ans que je porte maintenant ma cicatrice en étoile (oui, oui, comme Harry Potter!) sur le front, stigmate d'une commotion cérébrale, souvenir d'un brassage sérieux de mon lobe frontal, de quelques mois passés dans les couloirs d'un institut de réadaptation aux couleurs fades, au personnel avenant dont je ne me souviens plus vraiment puisque j'étais dans les vapeurs sérieusement.

Don, Don, Don... J'ai repris mes esprits et je t'écoute parfois, mais j'entends parler de toi bien plus souvent et je t'envie. Ce que tu peux être brillant! En fait, tu es mon idole, vraiment... Tu coûtes trois quarts de millions à la CBC: 750 mille beaux dollars pour provoquer un peu la galerie. Wow. Ton agent doit être un génie. Tu tiens depuis des années des propos abominables sur les Québécois et les Européens. Mais tu dis sans doute tout haut ce qu'une bonne partie du Canada pense à la brasserie du coin. Ce ne doit pas être trop grave. Tu t'es construit un personnage d'homme grossier, un peu sénile avant d'être vieux. Un problème, sans doute, dans la vie. Mais, je n'y crois pas à ce personnage. Il faut être un homme d'affaires rusé pour vendre, mettre en marché et «scorer» avec une vingtaine de DVD intitulés Rock'em Sock'em montrant les pires bagarres du hockey de la Ligue nationale. Lire la suite...

12/10/2011

L'anglais intensif, enfin...

Une chronique de Jean-Benoît Nadeau

BlogL’anglais à l’école, c’est bien. Toutes les langues, c’est mieux.

Dix petites minutes : c’est tout le temps que nous avions pour débattre – à six – de la place de l’anglais dans nos écoles, entre autres avec Gérald Larose et la ministre de la Culture Christine Saint-Pierre.

Cela se passait à Bazzo.Tv hier – pour rediffusion demain soir.

J’en suis ressorti tout chose. Oh! Ne vous en faites pas : j’ai réussi à me prononcer sur deux ou trois points. Mais je vous en parle parce qu’il y a tant à dire sur le sujet – et tant de choses qu’on aimerait ne plus entendre… Lire la suite

20/09/2011

Le Québec est un grand lit

Une chronique d'Émilie Dubreuil

Nelly-seuil Le type qui a inspiré le deuxième roman de Nelly Arcan, Folle, est un ami à moi.

Nelly Arcan, de son vrai nom Isabelle Fortier, avait à peu près mon âge. C'était l'amie de mes amis. Nous fréquentions, à la même époque, les mêmes bars du Plateau Mont-Royal. Et pour moi, Nelly Arcan, ça se résumait à ça : une petite vedette médiatique, comme il y en a beaucoup dans notre petite République du Plateau, une fille de mon âge qui faisait la fête, semblait un peu excentrique et angoissée. Je savais, bien sûr, qu'elle avait écrit des livres, mais je ne les avais pas lus.

Je ne les avais pas lus, pourquoi ? Pourtant, je suis une boulimique de bouquins ... Je ne l'avais pas lue parce que c'était ma voisine, l'ex-blonde d'un de mes chums, la grande amie de ma copine machin chouette et la collègue de travail de mon ex-colocataire. The girl next door. Lire la suite

15/09/2011

Francisation: les vrais obstacles

Une chronique de Jean-Benoît Nadeau

Jbn-blog Pour en finir avec les gentils et les «pas-pire»

J’ai promis mardi de vous revenir sur les vrais obstacles à la francisation. Je vous ai aussi promis de vous brasser. Alors, attachez votre tuque avec de la broche.

Il y a 23 ans, quand j’ai commencé à fréquenter Julie ma Julie, elle ne parlait pas un mot de français ou si peu. Le bon vieil Ontario orangiste jaune orange foncé.

À un moment, je lui ai écrit pour lui demander de faire l’effort d’apprendre le français. Je lui ai dit, en substance : je ne parlerai pas en anglais à mon père parce qu’elle ne comprend pas.

Sur le coup, elle n’était pas contente, mais je l’ai mis devant le choix et elle a pris le bon bord. Lire la suite

14/09/2011

Qu'est-ce que ce nous? Sortez vos ceintures fléchées

Une chronique de Jean-Benoît Nadeau

Zip-chronique Toute la polémique sur le prétendu recul du français à Montréal, suite aux dernières études de l'OQLF, est basée sur une notion très fausse de ce qu'est un francophone.
Un francophone, ce n'est pas un Canadien français ou un francophone qui «parle le français à la maison».
Un francophone, c'est quelqu'un «qui parle français». Point à la ligne. LISEZ le dictionnaire.

Les francophones qui ont le français pour langue maternelle (ou qui parlent cette langue à la maison) ne sont qu'une variété de francophones assez rare - à l'échelle mondiale, ils représentent seulement le tiers de 220 millions de francophones de la planète. Tous les autres ont appris le français à l'école et parlent anglais, wolof, arabe, berbère à leur mère à l'heure de la soupe.
Il n'y a qu'au Québec que l'on tolère une définition aussi restrictive du terme francophone, limitée aux Canadiens français ou à «ceux qui parlent français à la maison».
Pourquoi pas la ceinture fléchée ou la tourtière au ketchup, tant qu'à faire? C'est une honte. Lire la suite

07/09/2011

Où étiez-vous le 11 septembre 2001?

MSN Actualités

World-trade-center-11-septembre-ap-Jim-Collins Les images d'avions s'écrasant contre les Twin Towers ont été projetées en boucle sur les écrans des télévisions du monde entier et restent gravées dans la mémoire collective.

Chacun a un souvenir précis de l'instant où il a appris la nouvelle et des heures qui ont suivi.

Où étiez-vous le 11 septembre? Quelle a été votre réaction?

Lire aussi:
La chronique de Jean-Benoît Nadeau: Mon 11 septembre à moi
Notre dossier sur le 11 septembre

30/08/2011

Legault dans le rétroviseur

Une chronique de Jean-Benoît Nadeau

Legaultblog Peut-on penser l’avenir en ne regardant que dans le rétroviseur?

À vous voir vous énerver avec François Legault et les intentions de vote qu’il obtient alors qu’il n’a pas de parti et qu’il n’est officiellement candidat de rien, je me serais attendu au Messie.

Aussi ai-je porté une attention spéciale à sa dernière sortie sur la langue et la culture, sujet que je connais très bien, et j’ai été étonné par l’indigence de ses idées en la matière.  

Quoi, c’est à lui que vous trouvez de la vision? Son propos se résume à une idée – le recul du français au Québec – cette vieille carne éculée à force d’être galvaudée.

Quand il est question de langue et de culture, une personne qui a de la vision aurait dit : le Québec représente le tiers des 25 millions de francophones dans les Amériques. Faisons donc notre possible pour leur parler, pour les recruter dans nos universités et nos conseils d’administration, pour les amener à vivre chez nous, pour leur vendre nos livres, nos films, nos chansons. Cessons de concevoir notre avenir linguistique sur la seule base de la défense du français.

Par ailleurs, un visionnaire aurait aussi dit : sortons du piège de l’ethnie. Un francophone, ce n’est pas un Canadien français de souche, mais tout simplement quelqu’un qui parle le français. L’avenir de la langue français se jouera en marge de l’ethnie. Lire la suite

25/08/2011

Loué soit le chalet

Un billet de Jean-Benoît Nadeau

Chalet-photo250 Je suis infiniment reconnaissant à mes parents de m’avoir élevé dans l’idée que le meilleur chalet qui soit est un chalet loué.

En m’inspirant de Moody’s et Standard & Poor’s, je donne au chalet la cote-soupir Aaaaaahh++

Un chalet est un excellent lieu pour les vacances : on peut regarder les enfants s’étouffer dans la fumée du feu, se brûler sur les charbons, se salir dans la boue des berges.

C’est tellement plaisant, de louer un chalet, que je ne comprends absolument pas ce qui emmène quiconque à être propriétaire d’un chalet.

Passons outre l’idée que le chalet est, en soi, le symbole de la consommation ostentatoire et abusive.

Quand je loue un chalet, j’y vais quand je veux et je me borne à le restituer en l’état. Mais le pauvre proprio, lui, doit y retourner continuellement pour l’entretenir ou s’en servir – sinon, pourquoi avoir un chalet?

Cela dit, je suis tout à fait conscient qu’il n’y a pas de chalet loué sans propriétaire. Je loue donc les services de ces preux altruistes, que je paie avec joie.

Voici ma ligne de vie : quand j’achète quelque chose, il faut que ça me serve; si je commence à servir cette chose, cela ne sert plus à rien. Les propriétaires sont en général les esclaves de leur chalet et les vrais maîtres sont ceux qui les louent.

24/08/2011

Moody's: la cote Aha!+++

Un billet de Jean-Benoît Nadeau

Moodys-photo250 Pendant que vous vous crêpiez le chignon sur la décote des É.-U. et la débandade boursière, je me suis souvenu, entre deux siestes, d’une conversation que j’avais eue avec Vincent Truglio, un spécialiste de chez Moody’s, à qui je donne la cote Aha!+++

Dans le cadre d’un reportage sur les agences de notation new-yorkaises, j’avais visité les dirigeants de Moody’s et Standard & Poor’s.

J’avais demandé à Truglio s’il était conscient du rôle politique qu’il joue et sa réponse m’avait beaucoup surpris. Cela m’a tellement frappé que, 15 ans plus tard, je vous le cite sans relire mes notes:

«Que les gens utilisent notre travail pour nourrir le débat politique et soutenir leur position, c’est leur droit, mais cela n’a strictement rien à voir avec ce que nous faisons.

«Moody’s fait une analyse stricte de la capacité d’un gouvernement ou d’une entreprise de rembourser sa dette. Nous tenons compte de sa capacité de couper dans ses dépenses, mais aussi de sa capacité de générer du revenu. Les deux sont importants.

«En soi, une cote AAA n’est pas meilleure qu’une A+. Pour avoir une cote AAA, ce n’est pas bien difficile : il faut vivre comme une fourmi, avoir de bons revenus, ne rien dépenser, tout payer comptant, ne jamais rien payer à crédit. Une vie plate, qui vous assure un excellent crédit… que vous n’utilisez pas. Celui qui est noté A+ a un moins bon crédit parce qu’il utilise un peu plus son crédit et qu’il s’amuse un peu plus.

«Autrement dit, si vous utilisez vos cartes de crédit, vous aurez toujours un moins bon crédit que si vous ne les utilisez pas; mais alors, pourquoi avoir un bon crédit?

«Que le Québec ait une note de A+ plutôt que AAA signifie qu’il fait le choix politique d’utiliser davantage son crédit. Nous ne jugeons pas cela. Point à la ligne.

 É.-U. : entre Ah! Ah! Ah!++ et OhOh!--

Bref, la question de la notation nous ramène à décider à quoi ça sert d’avoir un bon crédit si on ne l’utilise pas.

C’est dans cette perspective qu’il faut voir la décote des É.-U. par Standard & Poor’s, qui place ce pays entre la cote Ah! Ah! Ah!++ et Oh! Oh!--.

Objectivement, la capacité financière américaine est excellente. Ce qui est en cause ici, c’est le blocage politique qui limite la possibilité du gouvernement de lever des revenus pour payer ses dettes.

À mon avis, la décote américaine aurait dû avoir lieu beaucoup plus tôt, car ce qui se trame aux États-Unis depuis une génération est très grave pour deux raisons :

1) Une part importante de la classe politique s’est monté une idéologie qui démonise les impôts de façon absolue.

Personne n’aime payer des impôts, mais des pays comme la France ou le Canada leur reconnaissent une certaine utilité financière, sociale et politique.

2) L’existence d’un tel débat aux États-Unis démontre la faiblesse politique de la présidence américaine. Par comparaison, un président français ou un premier ministre canadien sont infiniment plus puissants politiquement du fait qu’ils contrôlent à la fois le parlement et le gouvernement, ce qui leur donne une capacité d’action très forte en cas de crise.

Pour toutes sortes de raisons mythologiques, on imagine le président américain comme un personnage très puissant, alors qu’au contraire il est très faible.

Cette faiblesse politique a été une grande force du système américain tant que la classe politique se tenait. Mais le système politique a du plomb dans l’aile quand sa classe politique devient folle.

Tocqueville résumerait sans doute la situation en ces termes : par crainte du tyran, on sombre dans la tyrannie de la majorité.

22/08/2011

Jack Layton est décédé

MSN Actualités

Jackblog Le chef du Nouveau Parti démocratique a succombé à un cancer tôt lundi matin, chez lui, entouré de ses proches. Il était âgé de 61 ans.

Des voisins et amis de Jack Layton ont afflué à sa résidence de Toronto pour transmettre leurs messages de condoléances. Les hommages de personnalités politiques et de citoyens se sont multipliés dans tout le pays.

Quelle valeurs incarnait pour vous Jack Layton? Quel héritage laisse-t-il?

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Notre Équipe

Jean-Benoît NadeauJean-Benoît Nadeau

Jean-Benoît Nadeau a publié cinq livres, 700 articles, et remporté 50 prix de journalisme. Il figure parmi les rares journalistes canadiens à publier en français (L’actualité, Québec Science, MSN,ca ou GEO) et en anglais (New York Times, Toronto Star, Christian Science Monitor). Ses livres sont également parus en anglais, en néerlandais, en mandarin, en japonais et en thaï. En plus d’une cinquantaine de séminaires sur le journalisme et l’écriture, il a prononcé 75 conférences sur la langue française et les Français aux États-Unis, au Canada, en France, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Corée du Sud et au Japon. Basé à Montréal et père de deux jumelles adoptives, il a également vécu à Paris, Toronto et Phoenix.