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Média

20/09/2011

Le Québec est un grand lit

Une chronique d'Émilie Dubreuil

Nelly-seuil Le type qui a inspiré le deuxième roman de Nelly Arcan, Folle, est un ami à moi.

Nelly Arcan, de son vrai nom Isabelle Fortier, avait à peu près mon âge. C'était l'amie de mes amis. Nous fréquentions, à la même époque, les mêmes bars du Plateau Mont-Royal. Et pour moi, Nelly Arcan, ça se résumait à ça : une petite vedette médiatique, comme il y en a beaucoup dans notre petite République du Plateau, une fille de mon âge qui faisait la fête, semblait un peu excentrique et angoissée. Je savais, bien sûr, qu'elle avait écrit des livres, mais je ne les avais pas lus.

Je ne les avais pas lus, pourquoi ? Pourtant, je suis une boulimique de bouquins ... Je ne l'avais pas lue parce que c'était ma voisine, l'ex-blonde d'un de mes chums, la grande amie de ma copine machin chouette et la collègue de travail de mon ex-colocataire. The girl next door. Lire la suite

07/09/2011

Où étiez-vous le 11 septembre 2001?

MSN Actualités

World-trade-center-11-septembre-ap-Jim-Collins Les images d'avions s'écrasant contre les Twin Towers ont été projetées en boucle sur les écrans des télévisions du monde entier et restent gravées dans la mémoire collective.

Chacun a un souvenir précis de l'instant où il a appris la nouvelle et des heures qui ont suivi.

Où étiez-vous le 11 septembre? Quelle a été votre réaction?

Lire aussi:
La chronique de Jean-Benoît Nadeau: Mon 11 septembre à moi
Notre dossier sur le 11 septembre

19/07/2011

David Cameron couchait-il avec Rebekah Brooks? (et autres nouvelles titillantes)

Une chronique de Jean-Benoît Nadeau

Blog Ça paraît que vous êtes en vacances : les nouvelles sont plates, ce qui prouve que vous vous reposez.

Comme il ne se passe rien, il faut se rabattre sur des affaires à potins, comme le scandale des écoutes illégales au Royaume-Uni, ou de faux problèmes d’idéologues, comme la querelle de la dette aux États-Unis.

Ce qui m’amène à publier un démenti : le premier ministre britannique David Cameron ne couchait pas avec la rédactrice Rebekah Brooks – officiellement.

C’est très facile, de faire jaune : il suffit de dire n’importe quoi et de regarder ce que ça donne.

Mais que voulez-vous? Faut vendre! Lire la chronique

25/05/2011

Francophobie: le dernier préjugé «acceptable»

Une chronique de Jean-Benoît Nadeau

Francophobie-Photoblog L’affaire DSK met en lumière un trait de la culture américaine particulièrement dérangeant : la francophobie débridée.

La presse anglophone (aux États-Unis comme au Canada et en Grande-Bretagne) s’autorise fréquemment à écrire des horreurs sur les Frogs qui ne passeraient pas du tout à propos des juifs, des noirs, des Mexicains ou des Indiens.

Un peu comme si la francophobie était le dernier préjugé acceptable.

L’affaire est d’autant mystérieuse qu’un grand nombre d’Américains, comme tous les anglophones d’ailleurs, manifestent en parallèle une espèce de francophilie sans retenue – même les plus xénophobes, ce qui est tout à fait paradoxal.

Personnellement, je m’y suis beaucoup frotté dans ma belle famille, dans les voyages et au travail.

J’ai mis plusieurs années à comprendre que cette posture puise sa source dans un vieux complexe. Lire la chronique

02/05/2011

La peur du vide

Un billet de Jean-Benoît Nadeau

Vide-Photo Chaque fois que je regarde un sondage ou des articles du genre Les 100 personnes les plus influentes du Time, je me dis : encore un éditeur qui a peur du vide.

Les médias ont de grandes qualités, mais ils ont deux défauts inhérents : la peur du vide et la peur de ne servir à rien. 

Je suis moi-même un grand lecteur de journaux et de magazines, mais les trois quarts des nouvelles ne méritent absolument pas d’y être.

Les médias, comme les trains, fonctionnent avec des horaires fixes et comme barons du rail n’aiment pas les wagons vides, les magnats de la presse aiment leurs pages pleines. Il faut occuper le personnel, remplir des pages, combler des cases horaires, quitte à y mettre n’importe quoi.

L’autre défaut, apparenté au premier, c’est la quête de sens. Il faut trouver du sens, alors que les trois quarts de ce qui est écrit n’a aucun sens.

Et c’est pire pour la télé. Parce que la télé est limitée par la nécessité de remplir avec des images. Le visuel limite son choix. Donc elle est encore plus vide. Et donc, elle travaille encore plus fort à trouver du sens là où il n’y en a pas, pour justifier ses choix et masquer sa vacuité fondamentale.

Bref, à peine le quart de ce qu’on lit mérite d’être une nouvelle et le quart de ce qu’on lit a vraiment un sens. Quand on met les deux ensemble, c’est à peine le 16e du contenu d’un journal ou d’un bulletin qui est à la fois une nouvelle et utile.

En écrivant cela, je suis tout à fait conscient de prêter le flanc à l’accusation de nihilisme. Après tout, si le défaut que je relève est général, cela veut dire que les trois quarts de ce que j’écris est vide et sans intérêt – dont peut-être ce billet...

Mais voici le paradoxe qui nous sort du nihilisme : si on essayait d’extirper des médias leur vide effrayant pour n’en garder que la substance, on finirait par les tuer, très rapidement, parce que la société évolue tellement que ce qui n’avait pas de sens hier en prendra un demain à cause de faits nouveaux aujourd’hui qu’on ne soupçonne pas.

C’est pour ça qu’on est accro aux nouvelles.

15/04/2011

Le nombril

Un billet de Jean-Benoît Nadeau

Drapeaux Il faudra bien un jour que les Québécois troquent leur nombriscope pour un périscope.

Les francophones des autres provinces ont bien raison d’être fâchés. C’était stupide de la part du consortium des diffuseurs d’avoir centré le dernier Débat des chefs exclusivement sur le Québec.

Parmi les six questions du public choisies par les diffuseurs, pas une ne venait d’un francophone des autres provinces. Pas une fois ne s’est-on donné la peine d’orienter le débat vers eux.

Quelle preuve de nombrilisme! Quel québécocentrisme!

Le français en dehors du Québec, ce n’est pas une affaire de «Dead ducks» (dixit René Lévesque, 1969) ou de «cadavres encore chauds du fédéralisme» (dixit Yves Beauchemin).

En dehors du Québec, 2,5 millions de Canadiens parlent le français. C’est 10% de la population du Canada hors Québec.

Cette clientèle représente plus du tiers de la clientèle québécoise : ce n’est pas rien.

Les Québécois se fâchent souvent du nombrilisme des Français, mais les francophones des autres provinces ont exactement le même grief vis-à-vis des Québécois.

Devant le tollé, il faut absolument que le prochain consortium de diffuseurs inclue TFO et — pourquoi pas? – TV5 Québec Canada.

Car les francophones des neuf autres provinces vivent des enjeux dont les thématiques sont au cœur de la définition de la nation, comme la politique sur les Langues officielles, les services en français, l’éducation, les politiques linguistiques des conseils scolaires francophones, sans parler de l’immigration francophone.

Saviez-vous que 13 % des Acadiens sont maintenant issus de l’immigration, vous?

Je le redis souvent : il est urgent que les Québécois enlèvent leurs œillères, sortent du village d’Astérix, et intègrent la réalité des autres francophones dans leur univers.

Ce n’est pas une question de justice : c’est d’abord un enjeu économique et politique de première importance.

À trop se gratter le nombril, cela finit par s’infecter.

Tout sur la campagne électorale

 

11/04/2011

Qui a volé la chevelure du Playmobil ?

Une chronique d'Émilie Dubreuil

Harper-s-100411-pc-sean-kilpatrick250 Comme tu côtoies toujours le drame nippon de près, je ne te mentionne que brièvement une nouvelle étonnante concernant la politique canadienne. Un playmobil de sexe masculin habitant dans un Toys R Us de la banlieue nord de Montréal a porté plainte à la police après avoir vu sur des écrans de télévision notre premier ministre sortant, Stephen Harper. Dans son témoignage, le jouet a déclaré : « Je reconnais-là ma chevelure statique, je suis persuadé que c'est lui qui me l'a volée ! » La police continue son enquête, mais je te tiendrai au courant. Lire la chronique

10/04/2011

La démocratie avant le hockey

David Patry-Cloutier, journaliste à Rue Frontenac

A129F2A5757CC6B7B412C13C2793E Soyez honnêtes, entre une confrontation Layton-Duceppe-Ignatieff-Harper ou un affrontement Canadiens-Bruins, que choisiriez-vous?

Quand on couvre une campagne électorale, on a l'impression que la population en général s'excite à chaque soubresaut, qu'elle lit chaque jour ce qui s'est dit pendant la journée dans la planète politique.

 Or, nous savons tous bien que c'est faux.

 La plupart des gens ne savent que faire de toute cette information politique. Ils suivent la campagne de loin. Ce qu'ils en savent se rend jusqu'à leurs oreilles par leurs amis.

Le débat des chefs parle à tous les électeurs, mais davantage à ceux qui sont peu intéressés par la politique. Pour plusieurs personnes, il s'agira de leur seul contact avec la campagne électorale, en dehors des pancartes des candidats et des publicités des partis.

Pourquoi? En deux heures, il permet de jauger l'humeur des chefs, de cerner leur personnalité, de résumer ce qu'ils proposent. Le débat est probablement ce qui se rapproche le plus du sport dans le monde politique, avec ce qu'il comporte comme bons coups, de mises en échec et de coups fourrés. Un bon spectacle, quoi.

 Mais ce n'est rien à comparer à l'original. Que le débat se tienne en même temps que le premier match des séries de la LNH, jeudi soir, constituait un réel problème. Les électeurs les moins intéressés à la campagne sont aussi ceux qui seront les plus portés à délaisser le débat au profit du hockey. Ils se seraient trouvés bien démunis au moment de choisir pour qui voter. Une situation qui n'allait certes pas améliorer le taux de participation déjà en chute libre depuis quelques années.

C'est pourquoi Gilles Duceppe n'a trouvé aucune opposition lorsqu'il a proposé, dimanche matin, de devancer le débat des chefs à mercredi. Avant la fin de la journée, le consortium des médias a accédé à sa demande. Pour le bien de la démocratie...

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06/04/2011

Surprise, je suis bloquiste

Un billet de Jean-Benoît Nadeau

Boussole-Photoblog Pour m’amuser, je suis allé jouer avec la boussole électorale de Radio-Canada. Ce n’est pas une grosse découverte : ce matin, j’étais la 1 133 557e personne à l’essayer.

Il s’agit d’un gadget qui vous pose une trentaine de questions sur autant de sujets discutés dans les programmes officiels des partis fédéraux.

La Boussole additionne les réponses et donne un résultat.

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que je suis bloquiste de tendance libérale, mâtiné de néo-dé et de verdure! Moi qui n’ai jamais voté Bloc de ma vie.

Cette machine aveugle – car c’est de cela qu’il s’agit – analyse mécaniquement mes choix selon un système de pointage.

Voici mes réponses, que je vous donne selon le parti correspondant à chacune de mes positions.

Libéral : 10 fois

Bloc : 9 fois

Con (servateur) : 8 fois

NPD : 7 fois

Vert : 6 fois

Aucun : 6 fois

Le total ici est supérieur à 30 pour la simple raison qu’un bon nombre de prises de position sont identiques pour plusieurs partis.

Dans mon cas, le robot a fait pencher la balance pour le Bloc parce que dans presque tous les cas où je répondais ailleurs que Bloc, j’en étais rarement très éloigné, alors que pour les Cons(ervateurs), j’étais presque toujours aux antipodes.

La machine est instructive pour résumer ce que les partis ont à dire, mais elle reste bête, car elle ne tient pas compte de ce qui, pour chacun de nous, sera la question qui prime.

Certains votent selon un principe, une stratégie ou une habitude, mais je ne connais personne qui mette à plat toutes ses idées pour leur donner un poids égal. Il y a toujours un objectif qui prime.

C’est pour cela que les campagnes électorales sont passionnantes : les électeurs sont tout sauf des robots.

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01/04/2011

Le poisson d'avril s'immisce dans la campagne électorale

Un billet de David Patry-Cloutier, journaliste à Rue Frontenac

Poisson_avril_is Les pancartes électorales de Justin Trudeau, qui comportent un code QR (sorte de code-barre permettant aux propriétaires de téléphones intelligents de le scanner) pointent par erreur vers luberal.ca, un site faisant la promotion du lubrifiant pour les relations sexuelles. 

Voilà le genre de nouvelle qui retient l'attention du public et des journalistes. Mais le 1er avril, il faut toujours prendre avec un grain de sel les nouvelles qui sortent du lot. 

« Ça sent le poisson », a lancé un journaliste dans la salle de rédaction de RueFrontenac lorsqu’un autre collègue nous a parlé de l'affaire après l'avoir lue sur le blogue Fagstein, un blogue anglophone sur les médias fréquenté par plusieurs journalistes.

Hélène Buzzetti, correspondante parlementaire au Devoir, a repris l'histoire sur le site de son journal. On s'est dit que ça devait être vrai. Nous sommes donc allés vérifier sur le terrain, armés de nos téléphones intelligents, à la recherche d'une pancarte électorale de Justin Trudeau dans Papineau.

Vérification faite, les affichent pointent vers Justin.ca, son site internet promotionnel et non pas vers un site de lubrifiant. « Honte à moi. J'ai été poisson d'avrilisée ce matin avec cette histoire lubrique impliquant les pancartes de Justin Trudeau », a écrit la journaliste du Devoir sur Twitter.

À sa décharge, il faut dire que Steve Faguy, l'auteur du blogue Fagstein, se creuse le cerveau chaque année pour rédiger ses poissons d'avril. Ses billets s'ancrent toujours dans la réalité, du moins suffisamment pour sembler véridiques. Même Justin Trudeau a dit avoir appelé à son bureau électoral en panique!

Cette histoire a au moins ceci de bon : elle rappelle aux journalistes que nous sommes l'importance de toujours vérifier nos sources...

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Notre Équipe

Jean-Benoît NadeauJean-Benoît Nadeau

Jean-Benoît Nadeau a publié cinq livres, 700 articles, et remporté 50 prix de journalisme. Il figure parmi les rares journalistes canadiens à publier en français (L’actualité, Québec Science, MSN,ca ou GEO) et en anglais (New York Times, Toronto Star, Christian Science Monitor). Ses livres sont également parus en anglais, en néerlandais, en mandarin, en japonais et en thaï. En plus d’une cinquantaine de séminaires sur le journalisme et l’écriture, il a prononcé 75 conférences sur la langue française et les Français aux États-Unis, au Canada, en France, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Corée du Sud et au Japon. Basé à Montréal et père de deux jumelles adoptives, il a également vécu à Paris, Toronto et Phoenix.