Legault dans le rétroviseur
Une chronique de Jean-Benoît Nadeau
Peut-on penser l’avenir en ne regardant que dans le rétroviseur?
À vous voir vous énerver avec François Legault et les intentions de vote qu’il obtient alors qu’il n’a pas de parti et qu’il n’est officiellement candidat de rien, je me serais attendu au Messie.
Aussi ai-je porté une attention spéciale à sa dernière sortie sur la langue et la culture, sujet que je connais très bien, et j’ai été étonné par l’indigence de ses idées en la matière.
Quoi, c’est à lui que vous trouvez de la vision? Son propos se résume à une idée – le recul du français au Québec – cette vieille carne éculée à force d’être galvaudée.
Quand il est question de langue et de culture, une personne qui a de la vision aurait dit : le Québec représente le tiers des 25 millions de francophones dans les Amériques. Faisons donc notre possible pour leur parler, pour les recruter dans nos universités et nos conseils d’administration, pour les amener à vivre chez nous, pour leur vendre nos livres, nos films, nos chansons. Cessons de concevoir notre avenir linguistique sur la seule base de la défense du français.
Par ailleurs, un visionnaire aurait aussi dit : sortons du piège de l’ethnie. Un francophone, ce n’est pas un Canadien français de souche, mais tout simplement quelqu’un qui parle le français. L’avenir de la langue français se jouera en marge de l’ethnie. Lire la suite