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07/01/2013

Une grève de la faim

Un billet de Martin Bisaillon

Spence-theresa-04012012-pc-sean-kilpatrickAinsi la chef crie de la communauté d’Attawapiskat dans le nord de l’Ontario, Theresa Spence, a réussi à obtenir l’attention du premier ministre. 

Une rencontre entre les leaders des Premières Nations et monsieur Harper doit avoir lieu le 11 janvier. Le chef du gouvernement en a fait l’annonce vendredi dernier. Son bureau a néanmoins fait savoir que ce rendez-vous n’avait rien à voir avec la grève de la faim entamée par madame Spence le 11 décembre. 

Une grève de la faim, combinée aux diverses manifestations du groupe Idle No More qui se multiplient partout à travers le pays : voilà un sérieux avertissement pour le gouvernement fédéral. À L’ère des médias sociaux, c’est le genre de publicité dont pourrait se passer le Canada. S’il advenait que madame Spence décède ou qu’une manifestation pacifique se termine par une confrontation avec les autorités, ce serait une catastrophe pour le gouvernement fédéral. 

Nous n’en sommes heureusement pas là. On verra bien ce que donnera cette énième rencontre.

Il y a 617 Premières Nations reconnues par le gouvernement fédéral. Que connaissons-nous des Mohawks, des Cris des plaines, des Inuits ou des Métis du Manitoba? Pratiquement rien.

D’après des données colligées par le Centre de collaboration nationale de la santé autochtone : 

« Un enfant autochtone sur quatre vit dans la pauvreté, par rapport à un enfant sur six chez les non Autochtones. Le taux de pauvreté chez les femmes autochtones est deux fois plus élevé que ceux des femmes non autochtones. Plus de 100 communautés des Premières Nations doivent faire bouillir l’eau et n’ont peu ou pas accès à de l’eau potable ou à de l’eau propre pour l’hygiène. Près d’un adulte sur quatre des Premières Nations vit dans des foyers surpeuplés et 23% des Autochtones habitent dans des maisons nécessitant des réparations majeures. Les Premières Nations souffrent de maladies du «Tiers-Monde» telles que la tuberculose à des taux huit à dix fois plus élevés que les Canadiens en général. » 

Ce n’est qu’un aperçu de la misère qui afflige ces peuples tellement différents les uns des autres, mais qu’on a tendance à amalgamer. 

Après l’ « Histoire du Québec pour les Nuls » qui remporte un grand succès à l’heure actuelle, il faudrait sérieusement songer à écrire l’ « Histoire des Premières Nations pour les Nuls ».
Un jour en reportage sur la réserve de Kahnawake, j’ai réalisé une entrevue avec Billy Two Rivers, un ancien lutteur professionnel très impliqué dans sa communauté. Il était à l’époque un leader Mohawk respecté. À l’issue de la rencontre nous bavardions de tout et de rien en buvant un café quand il m’a dit, je paraphrase : « Nous, on est coincés entre la voie maritime du Saint-Laurent et les banlieues sud de Montréal.  Avant nous nous déployions sur toute la rivière Hudson et jusque dans les Grands Lacs. Nous n’avons nulle part où aller. Vous, au moins, vous pouvez retourner en France dans votre pays d’origine. » 

Je m’étais dit à l’époque qu’il nous restait beaucoup de travail à faire pour se comprendre mutuellement.

Photo : Theresa Spence - © Sean Kilpatrick/La Presse Canadienne

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Notre Équipe

Jean-Philippe CiprianiJean-Philippe Cipriani

Jean-Philippe Cipriani est chroniqueur littéraire à la radio de Radio-Canada. Il a été journaliste à la télévision, à la radio et au web de Radio-Canada pendant plus de 10 ans, affecté notamment à l’économie, aux sports et aux nouvelles générales. À Télé-Québec, il a été scénariste pour la série documentaire Au nom du sport et journaliste à l’émission Le droit de savoir. Il a aussi été chef des nouvelles au Huffington Post Québec.


Martin BisaillonMartin Bisaillon

Martin Bisaillon détient une maîtrise en histoire portant sur la Révolte de Cronstadt. Il a été professeur avant de se tourner vers le journalisme. Après avoir été recherchiste à la SRC, notamment à Zone Libre, il a oeuvré comme pigiste et écrit quatre livres dont les best sellers «Le Perdant» et «L'Infiltrateur». Entré au Journal de Montréal en 2005, il y a fait de la nouvelle générale et des faits divers avant d'obtenir un poste permanent à la section économique où il s’est spécialisé dans les grands dossiers. Il a ensuite participé au site web RueFrontenac.com à titre de journaliste économique et critique de cinéma. Son dernier scoop portait sur le contrat du renouvellement des wagons du métro de Montréal. Après un bref passage en politique, il travaille présentement en production télévision, chez Aetios. Les opinions qu'il émet sur ce blogue n'engagent que lui.


Cédric LizotteCédric Lizotte

Cédric Lizotte est un journaliste montréalais touche-à-tout. En plus de l’actualité, il se passionne pour les nouvelles technologies, le voyage, la gastronomie, les sports et la musique indépendante. Il est passé par les salles de nouvelles de Radio-Canada, de l’Agence QMI et du journal Métro avant de s’installer en tant qu’édimestre chez MSN.



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