Le choix des mots
Un billet de Jean-Philippe Cipriani
Vous avez aimé votre temps des Fêtes? Vous n’êtes pas tombé dans un « précipice fiscal » ou avez frappé un « mur budgétaire »? Allez, ne désespérez pas, l’année est encore jeune.
Il est frappant de constater cette surabondance d’expressions au marketing parfait et à la définition nébuleuse, comme l’étaient les « conditions gagnantes » de Lucien Bouchard.
Nous entrons dans le même flou et la même créativité scripturale que « l’angoisse fiscale » chère à Jean-Marc Fournier, la « guerre au terrorisme » de George W. Bush ou la « juste part » de Jean Charest.
Ce même trafic de mots qui permet de renier « taxe santé » pour adopter « contribution santé » lorsqu’on accède au pouvoir.
Dans le même ordre, Justin Trudeau veut éviter « la politique de la division » lors de chacune de ses interventions, ce qui revient dans les faits à empêcher le débat. Bienvenue dans la nouvelle démocratie marketing : marteler une expression pour éteindre la discussion.
Dans une société où les « problèmes » cèdent leur place aux « problématiques », où nous privilégions la « société du savoir », où chacun promet de « faire de la politique autrement », voilà peut-être une résolution à prendre pour 2013 : cesser de jouer le jeu des spécialistes en marketing.
D’ailleurs, nous attendons toujours de comprendre ce que Pauline Marois voulait dire dans son discours inaugural lorsqu’elle souhaitait « renforcer l’identité métropolitaine », projet certainement très rassembleur. Voire schtroumpfant.
N’ayez crainte, un comité se penche certainement sur l’affaire afin de proposer un Rapport, une Étude, voire une Politique, une Stratégie, un Plan d’action, un Énoncé, une Politique-cadre ou un Plan stratégique pour mettre en place un Programme.
Autrement, que faut-il attendre de cette nouvelle année?
À se fier aux prévisions à défaut de la substance, Justin Trudeau deviendra chef du Parti libéral du Canada en avril, et Denis Coderre remportera la mairie de Montréal en novembre.
De même, Philippe Couillard demeure grand favori pour remporter la chefferie du Parti libéral du Québec en mars, quoique Raymond Bachand soit encore privilégié par un certain establishment.
La commission Charbonneau reprend ses audiences en janvier, tandis que le mois suivant, le Sommet sur l’éducation doit se tenir... s’il reste encore des participants.
Mais des élections au Québec risquent fort peu de survenir cette année : le Parti québécois a accru son avance dans les sondages, tandis que le chef du PLQ voudra asseoir son autorité et se faire connaître. François Legault voudra-t-il demeurer à tête de la CAQ, lui qui n’a jamais aimé être dans l’opposition, encore moins la troisième?
Même Pauline Marois, à 63 ans, songe peut-être déjà à sa succession. Il reste que son gouvernement ne semble pas en voie de profiter de la situation pour faire passer des décisions plus controversées. Même le nouveau régime des redevances minières semble incertain.
Oui, « faire de la politique autrement », c’est avant tout un slogan.


Rédigé par : R.Boaxx | 10 jan 2013 14:01:36
C'est un fait vérifié depuis des décennies, le PLQ dépense et le PQ paye. Au début des années 80, le PQ devait prouver qu'il pouvait gèrer sainement... était-ce suffisant pour convaincre les "Stag-nationnaires" que nous sommes avec en plus des cartes de crédits à 160% de nos revenus? Nous avons effectivement les gouvernements que nous MÉRITONS!!!
Rédigé par : Michèle Lavigne | 10 jan 2013 12:29:31
Les plus habiles dans ce domaine sont les journalistes qui manipulent l'information à leur manière. Exemple, pour le même projet, ils diront: "Québec, investit 500 millions", si c'est le PQ au pouvoir et , si c'est le parti Libéral, ils diront plutôt,"Québec, dépense 500 millions"...