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24/04/2012

C’est la faute aux médias sociaux

Facebook-lunettes--gettycropPar Julien McEvoy

Ne reculant devant rien et surtout pas le ridicule, le président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), Yves-Thomas Dorval, est persuadé que son organisme est victime des méchants Facebook, Twitter et consorts.

Selon cet éminent intellectuel modéré, le message du pouvoir, qu’il soit politique ou économique, ne passe plus en 2012. Pourquoi? Car les moins de 35 ans s’informent principalement sur les médias sociaux, nous dit-il, et ceux-ci sont infestés de pensée unique et de vitriol. Le coup de gueule aurait remplacé la discussion et ce serait les entreprises et les puissants qui en payent le prix.

Bien qu’il n’ait pas totalement tort – les gens ont en effet tendance à former des réseaux plus ou moins étanches idéologiquement sur internet – il est plutôt cocasse de voir le porte-parole des employeurs québécois se poser en grand incompris. Après Jean Charest le mal cité, voilà maintenant que les patrons seraient victimes de «l’émotivité» des Québécois.

Il n’y a pas si longtemps, M. Dorval aurait blâmé ça sur «les maudits journalistes gauchistes». On sait tous qu’il faut être un communiste borné pour ne pas se rendre aux arguments des chambres de commerce et du patronat, ainsi qu’à ceux des Éric Duhaime de ce monde. Désormais, avoue implicitement le président du CPQ, tout va trop vite. Les faiseurs d’image – ou de message – de tout acabit sont dépassés, comme pourraient en témoigner Michelle Blanc et Oasis. Devant la vitesse vertigineuse de la foudre plébéienne, les sous-fifres des puissants manquent de temps pour concocter de belles campagnes de manipulation, pardon, de marketing. Mais c’est la faute aux réseaux sociaux et aux émotifs de toutes sortes, nous rassure M. Dorval.

Alors que la corruption gangrène la nation, qu’un premier ministre accroché au pouvoir tente de brader le Nord pour passer à l’histoire, que nos universités dépérissent et que nos aînés croupissent dans des hospices, le «message ne passe plus».

Eh ben.

M. Dorval, lorsque vous serez capable de «spinner» le salaire de 8,5 millions accordé au grand patron de la Banque Nationale, Louis Vachon, alors que les simples clients peuvent payer jusqu’à 4$ pour retirer un gros 20 au guichet, on s’en reparle.

D’ici-là, #BonneChance.

Julien McEvoy sur Twitter

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Jean-Philippe CiprianiJean-Philippe Cipriani

Jean-Philippe Cipriani est chroniqueur littéraire à la radio de Radio-Canada. Il a été journaliste à la télévision, à la radio et au web de Radio-Canada pendant plus de 10 ans, affecté notamment à l’économie, aux sports et aux nouvelles générales. À Télé-Québec, il a été scénariste pour la série documentaire Au nom du sport et journaliste à l’émission Le droit de savoir. Il a aussi été chef des nouvelles au Huffington Post Québec.


Martin BisaillonMartin Bisaillon

Martin Bisaillon détient une maîtrise en histoire portant sur la Révolte de Cronstadt. Il a été professeur avant de se tourner vers le journalisme. Après avoir été recherchiste à la SRC, notamment à Zone Libre, il a oeuvré comme pigiste et écrit quatre livres dont les best sellers «Le Perdant» et «L'Infiltrateur». Entré au Journal de Montréal en 2005, il y a fait de la nouvelle générale et des faits divers avant d'obtenir un poste permanent à la section économique où il s’est spécialisé dans les grands dossiers. Il a ensuite participé au site web RueFrontenac.com à titre de journaliste économique et critique de cinéma. Son dernier scoop portait sur le contrat du renouvellement des wagons du métro de Montréal. Après un bref passage en politique, il travaille présentement en production télévision, chez Aetios. Les opinions qu'il émet sur ce blogue n'engagent que lui.


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Cédric Lizotte est un journaliste montréalais touche-à-tout. En plus de l’actualité, il se passionne pour les nouvelles technologies, le voyage, la gastronomie, les sports et la musique indépendante. Il est passé par les salles de nouvelles de Radio-Canada, de l’Agence QMI et du journal Métro avant de s’installer en tant qu’édimestre chez MSN.



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