Un fou de moins à la rue
Une chronique de Jean-Benoît Nadeau
La mort sordide de Farshad Mohammadi m'a rappelé cet épisode douloureux où mon beau-frère a failli finir sans-abri.
Farshad Mohammadi était un autre de ces fous mésadaptés que l'on appelle «sans-abri». Dans son délire, il est devenu dangereux, et il est tombé sous les balles des policiers dans le métro.
Sa mort a ramené la polémique sur la carence de soins psychiatriques cohérents, mais la meilleure organisation ne pourra rien pour des personnes atteintes d'un mal qui les prive justement de toute cohérence, et qui refusent tout soin psychiatrique.
Toutes les personnes atteintes de maladie mentale ne sont pas folles en permanence, mais certaines n'en reviennent jamais. Rares sont les fous assez dangereux pour attaquer des policiers avec un X-Acto, mais les fous sont tous dangereux pour eux-mêmes. Lire la suite...
Rédigé par : Gilles Plamondon | 1 fév 2012 16:36:47
Je suis propriétaire d'un six logements depuis plus de trente ans et durant toutes ces années je n'ai eu que très peu de gens disons normaux À l'exception de deux locataires tous étaient des 'fous'. Jusqu'à maintenant, je puis dire qu'ils m'ont fait perdre plus de 750,000$ dollars, ceci dit sans aucune exagération. Je les ai observée et essayé de les aider avec les moyens dont je dispose. Ayant des connaissances dans le domaine de la psychologie et du comportement humain. Avec les années, il est devenu très clair pour moi que ces malheureux finiront leurs jours dans cet état lamentable et je ne les condamne pas, loin de là. Si je vous disais que leurs plus gros handicaps, ce sont tous ces organismes de bienfaisance et de protection de ceci et de cela pour ne pas les nommer car la liste serait assez longue. Il y a quelques années j'ai dû passer quelques moments difficiles et j'en ai profité pour vérifier, si mes observations étaient fondées, alors j'ai joué le jeu un certains temps et croyez-moi si je n'avais pas eu quelques ressources personnelles à ma dispositon, je serais aujourd'hui fort probablement un sans-abri, un mésadapté de la société et il y aurait quelques bien-pensants, pour dire que nous faisons tous ce que nous pouvons pour l'aider. Mais nos moyens sont limités (sous entendu, on veut plus de responsabilités, plus de sous, pour justifier un plus gros salaire et un ajout de personnel pour avoir droit à un bonus).J'en suis venu à me demander si ces gens là n'étaient pas tout simplement les plus gros parasites de notre société et en grande partie les vraies responsables du maintien de ces gens dans nos rues. Il y a de quoi y réfléchir très sérieusement je crois. Ici l'espace nous manque, pour une vraie discussion sur le sujet malheureusement.
Rédigé par : arick | 16 jan 2012 16:14:49
À ceux qui défendent les itinérants…ben correct...
Que veulent-ils exactement? Ils ont le gîte, la bouffe, la liberté d'agir comme bon leur semble, les soins médicaux...ils ont le choix? Oui ou non... (Trop de policiers qui voient à la loi et l'ordre pour rassurer les citoyens «es»).
Combien de très jeunes ont perdus la vie sur nos routes à cause de leurs irresponsabilités...suite à un comportement d'imbéciles...C'est la faute du manque de ressources, ouais! Un policier pour chacun aurait pu les sauvés, et les autres.... (Pas assez de policiers).
Asteure, des ¨second guesser¨ qui responsabilisent la société (y en a en masse).
Dans la gang des sans abris, (un pourcentage important) ne veulent pas d'un autre état de vie, bizarre!
À Montréal, saviez-vous que ça vient de partout, on es-tu chanceux? ( pas assez de polices) ¨Entéka¨.
Rédigé par : Magalie | 11 jan 2012 22:39:11
Merci pour cet article qui dépeint une réalité que beaucoup de gens ignorent. J’avais moi aussi une vision des itinérants avant de vivre une situation semblable à celle de l’auteur… Pourquoi sont-ils là? Il y a les hôpitaux psychiatriques, la famille... Comment peut-on en venir à abandonner un proche et le laisser dans la rue? Maintenant, je comprends… J’ai un frère qui est atteint de maladie mentale depuis bientôt 6 ans… (trouble psychotique.. nous n’avons également jamais su le diagnostique exacte... confidentiel…) Mon frère a arrêté sa médication depuis plus d’un an déjà et ne fait pas confiance aux psychiatres, psychologues ou quelconque intervenant que ce soit. Il nous tient à bout de bras, ne veut pas qu’on se mêle de sa vie, ne nous dit rien ou bien nous ment… Il s’isole, répond rarement au téléphone et se pointe aux fêtes de famille quand ça l’arrange… ne demandez pas où il était s’il n’est pas venu, ça ne vaut pas la peine. Je ne compte plus les fois où ma mère, morte d’inquiétude, est allée frapper à sa porte parce que ça faisait plus de 3 semaines qu’il ne retournait plus les appels. Il demeure seul dans un demi-sous-sol où il ouvre rarement les rideaux et ne fait pas souvent le ménage (je vous épargne les détails). Il a à nouveau un emploi depuis la dernière année mais a passé la précédente à écrire un traité philosophique qui fait 1000+ pages, moitié anglais et français, et espère bien trouver un éditeur qui le publiera tel quel sans en changer un mot! Nous avons appris à ne plus avoir d’attente et à le prendre quand il veut bien être avec nous. Présentement, il va bien… mais nous vivons dans l’expectative que le délire et les pensées obsessives resurgissent, qu’il refasse une tentative de suicide ou qu’il disparaisse dans la nature sans laisser de trace… Arriverons-nous à prévenir qu’il finisse un jour dans la rue? Tout l’amour que nous avons pour lui n’y pourra rien… Pour ceci, je rends grâce à ces gens qui sont capables de les aider… qui se donnent, corps et âme pour les encadrer et faire en sorte de les ramener dans « notre » monde lorsque c’est encore possible… merci, merci, merci…
Rédigé par : Pierre Briand | 11 jan 2012 16:43:52
On oublie souvent que les maladies mentales sont des maladies comme les autres. On «tolère» que quelqu'un souffre d'une pathologie quelconque, mais rarement d'une maladie mentale. Pourquoi? Parce qu'on se sent inconfortable avec quelqu'un qui souffre d'une telle maladie. Ces personnes se retrouvent parfois à la rue, n'ayant personne pour s'occuper d'elles, ou tout simplement parce qu'on ne veut pas s'en occuper. Elles deviennent itinérantes. C'est pire à Toronto, où on a coupé les prestations de ce gens à presque rien et ils ne peuvent plus s'en sortir. C'est encore plus triste lorsque ce sont des femmes qui sont violées et abusées dans les foyers pour itinérants. Notre Société est bien malade de traiter les itinérants comme des déchets.
Rédigé par : christian | 11 jan 2012 15:08:39
J'ai travaillé pendant 25 ans dans divers domaines selon la situation économique. Un bon travailleur ordinaire, sans syndicat. Aujourd'hui j'ai 57 ans, sans aucun sou, je vis à la campagne avec un petit montant d'argent alloué par le gouvernement. Des milliers d'individus sont dans la mëme situation. L'indiférençe des gens est la cause des problëmes sociaux. La nouvelle génération atteindra cet âge avec les mêmes tracas et soucis. Nous ne sommes pas grand chose pour les dirigeants de nos gouvernements, car nous sommes tous presque tous à la rue lorsqu'il ya arrêt de travail. Pensez-vous que le problème s'arrêtera un jour ?
Rédigé par : Denis | 11 jan 2012 13:05:35
Bonjour
C'est pas facile de vivre quand une personne a de graves problemes entre les deux oreilles et en plus si elle ne veut pas se faire aider c'est encore pire. Je connais des gens qui ont commis l'irréparable a cause des manques de ressources en santé mentale. Ca me rend triste de voir des situations comme ca. Dans mon travail je dois composer régulierement avec des policiers et des itinérants. Souvent la personne itinérante doit etre placée mais j'ai vu un cas ou des policiers et ambulanciers ont tenté pendant 2:30 heures de s'occuper a placer un itinérant mais personne ne voulait le recevoir a cause de sa malpropreté et de son agressivité, cette personne aurait du etre internée mais notre systeme étant ce qu'il est......des tragédies comme celle de vendredi vont certainnement se reproduire.
Rédigé par : Benoit | 11 jan 2012 12:47:00
Ce qui me saisit le plus dans votre récit c'est le mot 'fou', mais je crois que vous confondez maladie mentale et folie et c'est très différent. Il y a des gens qui sont fous et qui n'ont pas de maladie mentale et maladie mentale n'égale pas folie. Prenez le cas de Guy Turcotte, ce gars-là n'a pas de maladie mentale mais son comportement tient de la folie. Les troubles du comportement et de la personnalité sont ce qui se rapprochent le plus de la folie et Dieu sait si beaucoup de personnes sans maladie mentale en sont atteints. Alors qui sont les plus fous ?
Rédigé par : ginette crevier | 11 jan 2012 11:19:14
Premièrement, je suis une fille qui n'a pas peur des mots, mais je déteste le mot 'fou'....
effectivement, j'ai un fils dans ce cas, il a 36 ans, et croyez moi, c'est pas de tout repos....il avait été pris en charge par le projet chez soi,...il a crevé de faim, et a démoli l'appartement...il est sous le tribunal administratif.... il est laissé quand même a lui même.....il a deux petits .. qu'il n'arrive plus à voir parce que la conjointe l'a décidé et qu'elle joue ses cartes pour ça à la cour, même en garde supervisée.....parce qu'il n'y a presque plus d'endroits pour cela.... il demeure à l'extérieur de Montréal, et conjointe ne veut pas se rendre à Montréal....il a le coeur en charpi, en plus de sa maladie....quelle tristesse....j'ai réussi à obtenir du juge un jugement pour qu'il se fasse soigner, mais ce n'est pas éternel, car lorsqu'il ressortira de l'hôpital parce que mieux, et redélaissera les médicaments et tout recommencera....quelle tristesse..... comment l'aider!!!!
Rédigé par : Lucie | 11 jan 2012 10:45:05
Je trouve votre article très intéressant et reflète bien ce que je pense aussi. J'en ai eu des expériences de vie et j'ai aussi travaillé en relation d'aide et je peux vous dire qu'une personne qui veut s'en sortir réellement peut le faire.
Dans la grande majorité des cas, c'est un choix de se retrouver à la rue, et malheureusement, il s'agit souvent de personnes qui rejetent tout et même l'aide qu'on pourrait leur apporter.
De l'aide, il en existe et des façons de s'en sortir aussi, mais encore faut-il le vouloir et avoir le courage de faire ce qu'il faut pour y accéder.
Bien des gens ne veulent pas voir leur réalité et préfèrent dire que c'est la faute des autres ou de la société.
Il y a certainement des lacunes dans cette société, mais il ne s'agit pas de tout.
La grande lacune de cette société sont les personnes qui en font partie et qui ont bien des manques.
Se regarder dans le miroir, faire une véritable introspection, voir la vérité en face et avoir du courage, voilà la vraie recette qui fonctionne assurément pour se sortir de bien des impasses.
Rédigé par : Mathias | 11 jan 2012 10:36:52
Bonjour, suite à la lecture de votre article, j'ai réalisé davantage à quel point il est important d'offrir du soutien à ces personnes qui n'ont souvent le choix qu'entre la rue ou l'institution; dans les deux cas, ils sont souvent très peu adaptés à leurs besoins. Pour ma part je travaille comme intervenant dans un organisme hébergeant un petit groupe de jeunes adultes ayant un diagnostic en santé mentale. L'équipe d'intervention s'efforce d'aller au rythme de ces personnes qui souvent ne correspond pas à notre réalité nord-américaine, car en fait c'est simple, leur réalité est différente. Plutôt que de tout mettre en place pour leur demander de changer, nous tentons de leur laisser une place, sécuritaire et libre d'esprit...à bien y penser, qui doit s'adapter? La personne en difficulté d'adaptation ou celle qui est en pleine possession de ses moyens? La réponse est claire, les solutions aussi. Le problème a toujours été le même, le financement des organismes, comme celui où je travaille...s'adapter et aider des personnes dans le besoin, ça coûte trop cher et nos décideurs ''pousseux de crayons'' veulent des résultats rapides et peu coûteux. Le débat est le suivant: qui va s'adapter à qui?
Rédigé par : Richard Corbeil | 11 jan 2012 09:57:24
La maladie qu'elle soit mentale ou physique est un manque de connection avec notre Âme nous avons perdu aussi la connection avec notre Mère Terre nous nous pensons supérieur en tant qu'humain et cela nous mène à notre destruction...et si on prenait une bonne tasse d'humilité et d'accepter qu'il y a plus grand que nous en cet Univers.Vivre et laisser vivre devrait être notre devise,Tous les villages d'antan avait son fou...et tout le monde en prenait soin:( Voir le film Babine...) alors Montréal grand village doit prendre soin de ses fous...les laissant être tout en les encadrant du mieux possible...le secret c'est de les aimer....
Namaste.
Rédigé par : jacqueline matte | 11 jan 2012 09:21:30
merci de partager cette nouvelle avec nous - votre commentaire plus qu'humain démontre a quel point il est important de ne pas juger son prochain mais bien de lui tendre la main.
Rédigé par : Mélanie | 11 jan 2012 09:20:08
Bonjour,
Il est difficile de vivre avec une maladie mentale. Je suis éduquée, j'ai un travail lourd en responsabilité, un amoureux, des amis. J'ai aussi une maladie mentale depuis l'age de 21 ans. J'en ai maintenant 28. Sur 7 ans j'ai connu 3 ans de médication, 2 ans sans médication et 2 ans de pur enfer ou j'aurais pu finir dans la rue moi aussi. Pourtant, personne ne s'en doute, car je suis allée chercher de l'aide et je l'accepte. Les efforts a fournir pour demeurer saine d'esprit sont intenses et continuels. Malgré ma volonté et mes efforts je suis poquée et je dois composer avec mes défauts de fabrication. Je ne l'accepte pas et ne l'accepterai jamais. J'aimerais tant être comme les autres... J'ai besoin de calme et d'un rythme lent, alors oui j'ai déja penser vivre comme une nomade mais la peur m'en empêche. Alors je prends sagement mes médicaments et j'endors le mal qui me ronge. Personnellement, je pense que notre société prône trop la performance. Tout le monde est dans le même moule et s'endort en écoutant Occupation double, en pensant à son prochain voyage dans le sud, dans le jeu, dans le vino, ou au travail. N'est-ce pas une autre forme d'anti-dépresseur, de drogue? Ton beau frère m'a l'air intelligent, mais malheureusement mal adapté. Ironiquement, lorsqu'on lit sur l'environnement le choix de ton beau-frère n'est pas si étrange. La simplicité volontaire, la vie de nomade n'est justement pas ce qu'on devrait faire afin d'arrêter de ''bouffer'' les ressources de la terre? C'est nous avec nos condos et nos grosses maisons qui sont mal adaptés...à l'environnement. Je comprends le choix de certains sans-abri qui ne veulent pas participer à notre société de consommateurs irrationnels. Par contre, je ne crois pas que d'être dans la rue aide a faire changer les choses car il est impossible de participer à la vie active. De mon coté, j'aide les autres et c'est le sens de ma vie. Je ne sais pas qu'est-ce qui va m'arriver, je viens de connaître mon premier arrêt de travail mais j'espère retrouver un équilibre et un confort dans la vie.