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Élucubrations

12/04/2011

Stephen Harper : leçon de clientélisme politique

David Patry-Cloutier, journaliste à Rue Frontenac

Harper-080111-pc-sean-kilpatrickblog Depuis quelques jours, Gilles Duceppe dénonce les conservateurs en les accusant de tenir un « double discours ».

Cette attaque prend racine dans le fait que les conservateurs utilisent un slogan électoral au Québec (Notre région au pouvoir) différent de celui du Canada anglais et de Montréal (Here for Canada\Ici pour le Canada).

Pourtant, n'importe quel spécialiste de marketing vous dira qu'il s'agit, ici, d'une habile stratégie de communication. Si vous avez deux clientèles différentes, le gros bon sens veut que vous développiez deux discours rejoignant chaque clientèle cible d'une manière spécifique.

Au Canada, les libéraux nous ont habitués aux grandes politiques rassembleuses, qui tentent de satisfaire tout le monde. Mais il faut bien l'avouer, le Canada est formé de provinces foncièrement différentes les unes des autres. À trop vouloir faire plaisir à Jean et à Jacques, cette stratégie risque aussi, à coup de compromis, de rendre les deux insatisfaits.

Le Bloc n'a pas ce problème. Comme parti régional, il a développé un message qui plaît aux Québécois. Si Gilles Duceppe voulait conquérir l'électorat canadien, il devrait développer un autre discours.

De leur côté, les conservateurs ont cassé le moule. Ils pratiquent une forme avancée de clientélisme politique et ne font que peu de compromis.

Au Canada, on dit souvent qu'un parti peut obtenir une majorité s'il obtient environ 40 % des voix. C'est exactement ce que visent les conservateurs en flattant dans le sens du poil une partie très ciblée de l'électorat. Ils ne cherchent pas à plaire à tous puisqu'ils ont besoin de l'appui de seulement deux personnes sur cinq pour prendre le pouvoir. Que le reste des électeurs leur en veuillent à mort, ils n'en ont rien à cirer.

Je l'ai déjà écrit ici : le discours « anti-coalition » fonctionne au Canada anglais. Stephen Harper le martèle jusqu'à l'overdose. Le discours « pro-régions » sourit à l'électorat régional québécois. Les conservateurs l'utilisent jusqu'à plus soif.

Qu'on soit d'accord ou non avec cette manière différente (et aussi plus cynique) d'aborder la politique, il reste que ça fonctionne. D'après les sondages, les conservateurs sont à deux doigts d'obtenir la majorité qu'ils recherchent tant. Le 2 mai, si Stephen Harper réussit son pari, ce sera peut-être aux autres partis de revoir leur stratégie de communication...

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11/04/2011

Qui a volé la chevelure du Playmobil ?

Une chronique d'Émilie Dubreuil

Harper-s-100411-pc-sean-kilpatrick250 Comme tu côtoies toujours le drame nippon de près, je ne te mentionne que brièvement une nouvelle étonnante concernant la politique canadienne. Un playmobil de sexe masculin habitant dans un Toys R Us de la banlieue nord de Montréal a porté plainte à la police après avoir vu sur des écrans de télévision notre premier ministre sortant, Stephen Harper. Dans son témoignage, le jouet a déclaré : « Je reconnais-là ma chevelure statique, je suis persuadé que c'est lui qui me l'a volée ! » La police continue son enquête, mais je te tiendrai au courant. Lire la chronique

10/04/2011

La démocratie avant le hockey

David Patry-Cloutier, journaliste à Rue Frontenac

A129F2A5757CC6B7B412C13C2793E Soyez honnêtes, entre une confrontation Layton-Duceppe-Ignatieff-Harper ou un affrontement Canadiens-Bruins, que choisiriez-vous?

Quand on couvre une campagne électorale, on a l'impression que la population en général s'excite à chaque soubresaut, qu'elle lit chaque jour ce qui s'est dit pendant la journée dans la planète politique.

 Or, nous savons tous bien que c'est faux.

 La plupart des gens ne savent que faire de toute cette information politique. Ils suivent la campagne de loin. Ce qu'ils en savent se rend jusqu'à leurs oreilles par leurs amis.

Le débat des chefs parle à tous les électeurs, mais davantage à ceux qui sont peu intéressés par la politique. Pour plusieurs personnes, il s'agira de leur seul contact avec la campagne électorale, en dehors des pancartes des candidats et des publicités des partis.

Pourquoi? En deux heures, il permet de jauger l'humeur des chefs, de cerner leur personnalité, de résumer ce qu'ils proposent. Le débat est probablement ce qui se rapproche le plus du sport dans le monde politique, avec ce qu'il comporte comme bons coups, de mises en échec et de coups fourrés. Un bon spectacle, quoi.

 Mais ce n'est rien à comparer à l'original. Que le débat se tienne en même temps que le premier match des séries de la LNH, jeudi soir, constituait un réel problème. Les électeurs les moins intéressés à la campagne sont aussi ceux qui seront les plus portés à délaisser le débat au profit du hockey. Ils se seraient trouvés bien démunis au moment de choisir pour qui voter. Une situation qui n'allait certes pas améliorer le taux de participation déjà en chute libre depuis quelques années.

C'est pourquoi Gilles Duceppe n'a trouvé aucune opposition lorsqu'il a proposé, dimanche matin, de devancer le débat des chefs à mercredi. Avant la fin de la journée, le consortium des médias a accédé à sa demande. Pour le bien de la démocratie...

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08/03/2011

Les 10 plus belles jobs au Québec: le palmarès

Une chronique de Jean-Benoît Nadeau

Tempete-hiver-pc Le vent a soufflé, la neige est tombée, le voisin a pelleté, et les chenillettes de trottoirs ont entrepris leur ballet hivernal. Quelle belle occasion de réfléchir sur les 10 plus belles jobs au Québec!

C'est un palmarès très personnel. Chaque jour que je suis enfoncé dans la mouise quotidienne, à écrire des textes que je peux récrire toute ma vie, à pinailler sans fin des articles déjà corrigés, je me prends à rêver des jobs de rêve, le fun, facile, bien payées, sympathiques et sans cesse renouvelées. Lire la chronique

Et vous, quelle est votre plus belle job?

07/03/2011

Citizen Karl

Une chronique d'Émilie Dubreuil

Citizen-kane-2crop Douce rêverie. Je me vois déjà sur le tapis rouge, acclamée par la foule. «Voici l'auteure du scénario du siècle», disent les critiques. C'est un scénario que je voudrais bien déposer, et qui contient tous les ingrédients d'un Grand Film.

C'est prétentieux peut-être, mais je crois même que ça pourrait devenir un classique. Le titre: Citizen Karl. Voici, en gros, le synopsis.

Avertissement: ceci est un scénario de fiction, toute ressemblance avec des peronnes réelles est le fruit du hasard. Lire la chronique

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Notre Équipe

Jean-Benoît NadeauJean-Benoît Nadeau

Jean-Benoît Nadeau a publié cinq livres, 700 articles, et remporté 50 prix de journalisme. Il figure parmi les rares journalistes canadiens à publier en français (L’actualité, Québec Science, MSN,ca ou GEO) et en anglais (New York Times, Toronto Star, Christian Science Monitor). Ses livres sont également parus en anglais, en néerlandais, en mandarin, en japonais et en thaï. En plus d’une cinquantaine de séminaires sur le journalisme et l’écriture, il a prononcé 75 conférences sur la langue française et les Français aux États-Unis, au Canada, en France, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Corée du Sud et au Japon. Basé à Montréal et père de deux jumelles adoptives, il a également vécu à Paris, Toronto et Phoenix.